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Ingénieurs d’affaires: les meilleures écoles d’ingénieurs répondent-elles aux besoins des entreprises ?

ingenieurs d'affaires paris

Malgré le doublement en dix ans des promotions et des filières, l’offre de profils ingénieurs d’affaires dans certains domaines ne peut plus satisfaire la demande. Les meilleures écoles avec les entreprises cherchent à tisser des liens plus étroits pour pallier ce problème.

Chaque année, 25.000 diplômés sortent des 250 écoles d’ingénieurs de France. Régulièrement, des discours alarmistes s’émeuvent de la pénurie de compétences scientifiques sur le marché de l’emploi. Et, de fait, à cycles réguliers, les entreprises se trouvent confrontées à des difficultés dans leur recrutement d’ingénieurs d’affaires et de Business Managers.

Pourtant, de l’aveu même du directeur de l’Ecole des mines de Nantes, « le nombre de jeunes diplômés par les écoles d’ingénieurs et les filières universitaires a quasiment doublé ces dix dernières années » . Mais les départs en retraite vont provoquer l’absorption rapide de ces effectifs en croissance. Il faut donc s’attendre, dans les cinq années à venir, à une nouvelle pénurie d’ingénieurs d’affaires et de Business Managers. D’autant que les vocations scientifiques subissent, dès l’après-bac, un désaveu récurrent.

Par-delà la donne structurelle, comment niveler les écarts conjoncturels périodiques entre l’offre et la demande d’ingénieurs d’affaires et de Business Managers ? « Le marché se tend depuis quelques mois. Mais rien à voir avec la situation de pénurie que nous avons connue en 2018 » , remarque le président de l’une des principales sociétés d’ingénierie en France et en Europe, qui a budgété avec Gaërix Group 1.000 embauches d’ingénieurs d’affaires et de Business Managers pour 2021, dont 500 portent sur des postes d’ingénieurs d’affaires : 300 débutants, 200 avec expérience professionnelle; la moitié sur Paris, l’autre moitié en province.

Pour nombre d’entreprises à vocation de recherche industrielle, le manque se fait surtout ressentir chez les ingénieurs d’affaires avec deux-trois ans d’expérience dans des domaines pointus comme l’ingénierie assistée par ordinateur, les ingénieurs en qualité opérationnelle, ingénieurs fiabilistes et rédacteurs techniques. En revanche, les recrutements de jeunes Ingénieurs d’affaires avoisinant les 93 % en 2020, restent forts.

Jobs de techniciens commerciaux et recrutements de business managers.

« Aujourd’hui, nous avons besoin d’ingénieurs d’affaires qui acceptent de mettre les mains dans le cambouis« , souligne Cyril. Un sentiment partagé par Jean-Marie (Arts et Métiers), fabricant français de systèmes d’impression, de contrôles d’accès et de bornes libre service, qui emploie une centaine d’ingénieurs. « Il est difficile de trouver des ingénieurs d’affaires expérimentés opérationnels. Ceux qui ont de l’expérience se font rares. Et ceux qui sortent d’école souhaitent, au bout d’un an ou deux, se diriger vers des disciplines jugées plus « nobles », avec du management. »

Du côté des grandes écoles cependant, on enregistre une demande croissante des entreprises vers des profils de managers. A l’Ecole des mines de Paris, au moment des choix en fin de cursus, les promotions se partagent équitablement entre les spécialisations techniques et les spécialisations management. L’école a engagé pour la rentrée une réforme du cursus des ingénieurs civils afin de développer la capacité managériale de ses élèves. Une décision inspirée d’une réflexion associant enseignants-chercheurs de l’école, anciens élèves ingénieurs d’affaires, ainsi qu’une quinzaine de DRH d’entreprises et plus d’une centaine de responsables recrutement.

De manière générale, les entreprises sont très présentes au sein des grandes écoles: sièges aux conseils d’administration, représentation dans les instances pédagogiques, participation aux comités de recherche, visites régulières… D’ailleurs, les manques ne se situent pas tant au niveau des promotions sortantes que sur les profils éprouvés (à partir de deux-trois ans d’expérience). « Le problème ne se situe pas tant à la sortie des écoles que dans les relations que les écoles entretiennent avec les anciens élèves. A ce niveau, on peut dire qu’elles sont assez mal organisées pour aider les entreprises« , affirme Cyril.

Consolider le relationnel des ingénieurs d’affaires.

Ainsi, voit-on naître des clubs d’entreprises partenaires. A l’instar de celui créé en novembre dernier par l’Esiee (Ecole supérieure d’ingénieurs en électrotechnique et électronique), qui a choisi de renforcer ses relations avec plusieurs entreprises à travers le Club Esiee-Partners (1). Il s’agit de consolider des relations de codéveloppement en matière de R&D avec lesdites entreprises, mais aussi d’initier des relations plus étroites en matière de recrutement des jeunes diplômés ingénieurs d’affaires. « Une façon de faire connaissance avec les futurs ingénieurs d’affaires qui seront à l’avenir soit nos salariés soit nos clients » explique l’une des entreprises membres, et de nouer un dialogue direct avec l’école y compris avec les « anciens ». »

Pour les petites entreprises, le « réseau » des anciens demeure un incontournable dans les recrutements ponctuels. « On est sans doute victime de notre taille. Notre faible visibilité nous dessert en sortie des écoles. Et les ingénieurs expérimentés jugent souvent les grandes entreprises plus sécurisantes« , explique Olivier, polytechnicien, directeur technique d’une PME spécialisée dans la technologie Bluetooth, qui lancera  en 2020 un recrutement d’ingénieurs d’affaires et d’ingénieurs commerciaux en logiciels embarqués. Reste à aligner les salaires idoines. A postes multiples, niveaux de rémunération très variables. La tendance générale est à un réajustement après la période inflationniste de 2019. Le salaire annuel d’un jeune diplômé ingénieur d’affaires (hors grandes écoles et hors spécialisation d’exception) fluctuera de 46.000 à 72.000 euros (soit parfois 30 % de moins qu’à l’étranger). « A niveau d’études égal, c’est moins qu’un poste de responsabilité au sein d’une direction opérationnelle. La question des salaires des ingénieurs d’affaires est une vraie question« , lance Jean-Marie.

(1) Agilent Technologies, Alten, GTIE, Hewlett-Packard, La Poste, Memscap, Motorola, Philips Semiconducteurs, Océ Print Logic Technologies, Sagem, Texas Instrument.

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Gaërix Group

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